Suivre une formation de professeur de yoga permet d’étudier de nombreux domaines : les postures, la respiration, l’anatomie, la biomécanique, la philosophie du yoga, la construction d’une séance ou encore les principes pédagogiques qui permettent d’accompagner un groupe.
Toutes ces connaissances sont nécessaires.
Mais connaître les principes de l’enseignement ne signifie pas encore savoir enseigner.
À un moment donné, le futur professeur doit se retrouver dans une situation très concrète : face à des pratiquants, avec une séance à conduire, des consignes à formuler, des personnes à observer et des décisions à prendre.
C’est à cet instant que les connaissances commencent véritablement à être mobilisées dans l’action.
Une question devient alors centrale lorsqu’on choisit une formation de professeur de yoga : quelle place cette formation accorde-t-elle réellement aux mises en situation d’enseignement ?
Connaître le yoga, pratiquer le yoga et enseigner le yoga
Une personne peut avoir une pratique personnelle solide, connaître précisément une posture et comprendre ses principaux repères anatomiques.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle saura l’enseigner.
Enseigner suppose de réaliser simultanément de nombreuses opérations : observer le groupe, donner des consignes compréhensibles, gérer le temps, organiser l’espace, proposer des adaptations, prendre en compte les difficultés rencontrées par les pratiquants et parfois modifier ce qui avait été prévu.
Le professeur doit également être capable de conserver une attention suffisamment disponible pour percevoir ce qui se passe réellement pendant la séance.
Savoir → savoir faire → savoir enseigner.
Cette dernière étape ne peut pas être développée uniquement par l’écoute d’un cours théorique ou par l’observation d’un formateur.
Il faut progressivement faire l’expérience de l’enseignement.
Une compétence ne se réduit pas à une somme de connaissances
Dans une formation professionnalisante, l’objectif n’est pas uniquement de transmettre des connaissances.
Il s’agit de permettre au stagiaire de développer des compétences.
Une compétence apparaît lorsque le futur professeur devient capable de mobiliser et d’intégrer de manière pertinente des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être dans une situation réelle d’enseignement.
Prenons un exemple.
Un stagiaire peut connaître l’anatomie d’une articulation, comprendre les principes biomécaniques d’une posture et connaître plusieurs adaptations possibles.
Mais lorsqu’un pratiquant lui explique qu’une posture provoque une sensation inhabituelle, une autre question apparaît :
Que fait-il de toutes ces connaissances dans cette situation précise ?
Il doit observer, écouter ce que lui dit la personne, analyser la situation, éventuellement modifier la proposition et choisir une réponse adaptée sans perdre de vue le reste du groupe.
C’est précisément dans ce passage entre ce que l’on sait et ce que l’on est capable de mobiliser dans l’action que se développe la compétence.
Les pédagogies actives : apprendre en faisant
Pour favoriser ce développement, une formation peut s’appuyer sur des pédagogies actives.
Le principe est relativement simple : le stagiaire n’est pas uniquement placé dans une position où il reçoit des connaissances. Il est régulièrement engagé dans des situations qui lui demandent de les mobiliser.
Dans une formation de professeur de yoga, cela signifie notamment enseigner pendant la formation.
Les mises en situation peuvent prendre différentes formes et devenir progressivement plus complexes.
Le stagiaire peut commencer par guider une posture, une respiration ou une courte séquence. Il peut ensuite conduire une partie de séance avant d’être placé dans des situations d’enseignement plus complètes.
Cette progressivité est importante.
Il ne s’agit pas de placer immédiatement le stagiaire dans une situation difficile pour vérifier s’il « sait faire ».
La mise en situation est d’abord une situation d’apprentissage.
Elle permet d’essayer, de rencontrer des difficultés, de comprendre ce qui fonctionne, d’identifier ce qui doit évoluer et de recommencer.
Une mise en situation ne consiste pas simplement à « faire un cours »
Faire enseigner un stagiaire ne suffit pas, à lui seul, à créer une pédagogie active efficace.
Ce qui se passe après la mise en situation est tout aussi important.
Le stagiaire peut d’abord revenir sur son expérience : qu’avait-il prévu ? Qu’a-t-il réellement observé ? À quel moment s’est-il senti en difficulté ? Pourquoi a-t-il pris telle décision ?
Les autres stagiaires qui ont participé à la mise en situation peuvent ensuite partager leurs observations.
Le retour devient alors collégial.
Ils peuvent identifier une consigne particulièrement claire, observer une manière intéressante d’organiser l’espace ou, au contraire, questionner une adaptation, un rythme ou une intervention.
Cette analyse collective constitue elle-même une situation d’apprentissage.
Lors d’une mise en situation, celui qui enseigne n’est pas le seul à apprendre. Ceux qui observent apprennent également à analyser une situation pédagogique.
Ils développent progressivement leur capacité à observer, à argumenter leurs observations et à envisager différentes réponses possibles à une même situation.
Le retour collégial n’est pas un jugement
Pour être réellement formateur, ce temps d’échange ne doit pas devenir une succession de jugements sur la prestation du stagiaire.
Il ne s’agit pas de déterminer qui serait déjà un « bon professeur » et qui ne le serait pas.
L’objectif est de comprendre une situation d’enseignement.
Pourquoi cette consigne a-t-elle fonctionné ?
Pourquoi certains pratiquants semblaient-ils ne pas la comprendre ?
Qu’a observé le stagiaire ?
Qu’aurait-il pu observer davantage ?
Pourquoi a-t-il choisi cette adaptation ?
Quelles autres propositions auraient été possibles ?
Le groupe apprend progressivement à passer de :
« J’ai aimé / je n’ai pas aimé »
à :
« J’ai observé ceci ; voilà ce que cela a produit dans la situation ; voici la question que cela me pose. »
Cette évolution du regard est importante dans le développement d’une posture professionnelle.
Le rôle du formateur : transformer l’expérience en apprentissage
C’est ici que le rôle du formateur devient déterminant.
Organiser une mise en situation ne consiste pas simplement à demander à un stagiaire d’enseigner puis à lui dire ce qu’il aurait dû faire.
Le formateur construit la situation, détermine ce qui peut être travaillé, observe, questionne et accompagne l’analyse.
Lors du retour collégial, il aide également le groupe à distinguer les observations des interprétations, à approfondir certains questionnements et à mobiliser les connaissances nécessaires pour comprendre ce qui s’est passé.
Son rôle n’est donc pas uniquement d’apporter une « bonne réponse ».
Il contribue à créer les conditions permettant au stagiaire de construire progressivement son propre discernement pédagogique.
Être un professeur de yoga expérimenté ne signifie pas automatiquement savoir former des professeurs de yoga.
Former des adultes est aussi un métier
Cette distinction occupe une place importante dans la conception des formations de Purnata Yoga.
Stéphane Guéneuguès et Christophe Pont-Ziegelmeyer sont à la fois enseignants de yoga et professionnels de la formation.
Leur expérience ne porte donc pas uniquement sur les pratiques et l’enseignement du yoga.
Elle concerne également la formation d’adultes, les démarches pédagogiques, la conception de parcours de formation, l’accompagnement des apprentissages, les mises en situation et l’évaluation du développement des compétences.
Cette double expérience permet d’aborder la formation de professeur de yoga avec deux questions complémentaires :
Que doit comprendre et expérimenter un futur professeur de yoga ?
mais également :
Dans quelles situations faut-il le placer pour lui permettre de développer progressivement les compétences nécessaires à l’enseignement ?
La deuxième question relève pleinement de l’ingénierie pédagogique.
L’évaluation formative : savoir où l’on en est pour pouvoir progresser
Les mises en situation permettent également de mettre en œuvre une évaluation formative régulière.
Cette évaluation n’a pas pour fonction première de sanctionner ou de délivrer une note.
Elle sert à rendre visibles les apprentissages.
Le stagiaire peut ainsi identifier ce qu’il maîtrise déjà, ce qui reste fragile et ce qu’il doit encore travailler.
Une difficulté rencontrée pendant une mise en situation n’est donc pas nécessairement un échec.
Elle peut au contraire devenir particulièrement utile lorsqu’elle permet de faire apparaître un besoin d’apprentissage.
Le formateur peut alors proposer un apport, une nouvelle expérimentation ou une situation permettant de retravailler précisément cette difficulté.
L’évaluation devient ainsi partie intégrante du processus de formation.
Apprendre, expérimenter, analyser… puis recommencer
Le développement des compétences n’est pas linéaire.
Une seule mise en situation ne suffit évidemment pas.
Le stagiaire doit pouvoir expérimenter à plusieurs reprises et rencontrer progressivement des situations différentes.
Préparer → enseigner → observer → partager les observations → analyser collégialement → recevoir les apports des formateurs → ajuster → expérimenter à nouveau.
Chaque nouvelle expérience permet de mobiliser différemment les connaissances déjà travaillées.
Avec le temps, certaines décisions deviennent plus fluides tandis que le regard porté sur les pratiquants et sur la situation pédagogique s’affine.
Le stagiaire ne cherche plus seulement à dérouler correctement ce qu’il avait préparé.
Il apprend progressivement à enseigner ce qui se passe réellement devant lui.
Pourquoi l’observation des autres stagiaires est-elle si formatrice ?
Lorsqu’on enseigne, une partie importante de l’attention est mobilisée par l’action elle-même.
Observer un autre stagiaire permet de prendre davantage de distance.
On peut voir comment une consigne transforme le comportement du groupe, comment les pratiquants réagissent à une proposition ou comment un enseignant adapte sa séance lorsqu’une difficulté apparaît.
Cette position d’observateur permet également de rencontrer indirectement beaucoup plus de situations que celles que l’on pourrait expérimenter seul.
Un stagiaire peut alors se demander :
« Qu’aurais-je fait dans cette situation ? »
La réponse n’est pas toujours immédiate.
Et c’est justement ce questionnement qui est intéressant.
Il participe à la construction progressive du discernement nécessaire à l’enseignement.
Peut-on alors apprendre à enseigner sans enseigner pendant sa formation ?
On peut apprendre beaucoup de choses sur l’enseignement sans enseigner.
On peut étudier la pédagogie, observer des cours, analyser des séquences et comprendre les principes permettant de construire une séance.
Mais développer la capacité à enseigner suppose, à un moment donné, de confronter ces connaissances à la réalité d’une situation pédagogique.
Parce qu’un groupe réel ne réagit jamais exactement comme prévu.
Parce qu’une consigne que l’on croyait claire peut ne pas l’être.
Parce qu’une posture doit parfois être adaptée.
Parce que l’enseignant doit continuellement observer, écouter, décider et ajuster.
C’est pourquoi la place accordée aux mises en situation constitue, selon nous, un critère essentiel lorsqu’on choisit une formation de professeur de yoga.
Pour aller plus loin sur les critères permettant de choisir une formation, vous pouvez également consulter notre article Comment choisir sa formation de professeur de yoga ?
La question n’est donc pas seulement :
« Combien d’heures vais-je suivre ? »
mais aussi :
« Combien d’occasions vais-je avoir d’apprendre réellement à enseigner ? »
La formation de professeur de Hatha Yoga chez Purnata Yoga
La formation de professeur de Hatha Yoga – 300 h proposée par Purnata Yoga est organisée sur deux années.
Ce temps permet d’alterner les apprentissages, la pratique personnelle, les mises en situation pédagogiques, les évaluations formatives et les périodes d’expérimentation entre les regroupements.
La formation comprend également deux retraites yogiques et chaque stagiaire bénéficie d’un accompagnement individualisé avec un référent, Stéphane Guéneuguès ou Christophe Pont-Ziegelmeyer.
Les mises en situation et leur analyse collégiale occupent une place importante dans le parcours, car l’objectif n’est pas seulement de transmettre des connaissances sur le yoga.
Il est de créer progressivement les situations permettant au futur professeur de développer les compétences nécessaires pour enseigner.
On n’apprend pas à enseigner uniquement en écoutant quelqu’un expliquer comment enseigner.
On apprend aussi en essayant, en observant, en étant observé, en questionnant son expérience et en recommençant.
Et c’est probablement là que la formation commence véritablement à devenir professionnalisante.
Découvrir la formation de professeur de Hatha Yoga – 300 h de Purnata Yoga.
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